Arthroplastie totale de la Hanche
Voie mini-invasive selon Rottinger

Dr. Arnaud SALTES


- Introduction

L’arthrose de la hanche voit le cartilage disparaître et entraîne à terme un contact os-os. La hanche perd progressivement sa souplesse. Des douleurs apparaissent à la mobilisation, à la marche et parfois aussi la nuit. Celles-ci sont situées dans le pli de l’aine, à la fesse, et descendent souvent vers le genou. L’arthroplastie consiste à remplacer l’interface articulaire arthrosique par une interface prothétique. Les douleurs disparaissent et la hanche retrouve une certaine souplesse.


- Technique (Voie de Rottinger)

La voie d’abord antéro-latérale de Rottinger est utilisée pour ma part depuis 2005. L’exposition de l’articulation se fait en passant juste en avant du moyen fessier, sans section de tendons ni de muscles. De ce fait les suites opératoires sont peu douloureuses, ce qui facilite la rééducation. Un autre avantage de cette voie est la grande stabilité des prothèses ainsi posées. L’intervention est peu hémorragique, la transfusion reste exceptionnelle. Avant la fermeture la région est infiltrée avec un anesthésique puissant pour améliorer le confort post-opératoire. Les premiers mouvements sont ainsi possibles dès le réveil.


- Bilan pré-opératoire

Un scanner est systématiquement demandé pour planifier l’intervention. Cela permet de choisir avec grande précision la taille de la prothèse, voire de faire fabriquer une tige fémorale sur mesure si nécessaire. Le risque d’inégalité de longueur des membres est ainsi considérablement réduit. Un bilan sanguin sera demandé pour connaître en particulier la fonction rénale, la capacité de coagulation et le taux d’hémoglobine. On recherche de façon systématique la présence de staphylocoques dorés dans les narines, et de bactéries dans les urines. Cela permet le cas échéant de traiter une infection avant l’intervention. Un anesthésiste est vu en consultation. Il peut solliciter l’avis d’autres confrères en fonction de votre état de santé ou de vos antécédents.


- En Pratique

L’admission se fait la veille. L’intervention sous anesthésie générale dure environ une heure. Après l’intervention vous passez quelques heures en salle de réveil. Le sang récupéré pendant l’opération vous est « rendu » par perfusion, avant le retour en chambre. La rééducation débute dès le lendemain. Un kinésithérapeute vous aidera tous les jours, y compris le week-end. La marche se fait en appui complet, avec cannes les premiers jours. La pratique des escaliers est débutée au 3 ème jour. La sortie se fait en général le 5ème jour, au domicile ou en centre de rééducation. Une infirmière surveille la cicatrisation, et retire les agrafes vers le 15 ème jour. Le traitement de sortie comporte des antalgiques, parfois des anti-inflammatoires, et un traitement antithrombotique préventif pour un mois. Le premier contrôle en consultation est prévu à 6 semaines. Une évaluation radio-clinique est ensuite souhaitable tous les deux ans.


- Complications

Mécanique : fracture osseuse, inégalité de longueur, instabilité, fracture de la prothèse… Biologique : infection, phlébite, embolie pulmonaire, anémie… Avec le temps la prothèse s’use, ce qui n’est pas une complication au sens strict. Il faut alors envisager son remplacement partiel ou total en fonction des cas. Les prothèses actuelles laissent espérer une durée de vie de plus de 15 ans.