L'arthroscopie du genou est une technique chirurgicale permettant d'explorer et traiter les pathologies du genou (ménisque, rupture du ligament croisé antérieur...) en introduisant une caméra dans l'articulation. Il s'agit d'une chirurgie dite "mini invasive" nécessitant uniquement de petites incisions.

Arthroscopie du Genou pour lésion du Ménisque

Le ménisque est un fibrocartilage en forme de croissant qui joue le rôle d'amortisseur entre le fémur et le tibia. Il y en a 2, un interne et un externe. Ils participent également à la stabilisation secondaire du genou. En cas de lésion de ces ménisques, cela peut provoquer des douleurs, des épanchements (gonflement du genou) avec formation de kyste, souvent en arrière du genou (kyste poplité).

Arthroscopie Genou

Il y a classiquement deux types de lésion de ces ménisques : une lésion traumatique d'une part, favorisée par certains sports ou pratiques professionnelles. D'autre part, il peut s'agir d'une usure avec le temps, cela correspond alors à un stade initial d'arthrose du genou (avant l'usure du cartilage).

Toutes les lésions du ménisque ne s'opèrent pas : l'indication dépend du type de lésion et des symptômes cliniques. Une IRM est le plus souvent nécessaire pour faire le diagnostic.

Le traitement chirurgical est réalisé sous arthroscopie lors d'une hospitalisation d'une journée. Deux techniques sont possibles, le choix dépend des caractéristiques de la lésion :

  • Méniscectomie économique : le principe est d'enlever la partie malade du ménisque
  • La suture méniscale : il est parfois possible de réparer la lésion (traumatique), c'est la suture méniscale. L'avantage évident est la conservation du rôle "amortisseur" du ménisque.

En pratique :

  • Hospitalisation : quelques heures (chirurgie ambulatoire)
  • Immobilisation : pas d'attelle, la marche est immédiate avec béquille en cas de douleur
  • Rééducation : sauf cas particulier, il n'est pas nécessaire de réaliser des séances de kinésithérapie
  • Arrêt de travail : variable car dépend de votre profession
  • Lettre d'information : cliquez ICI

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Reconstruction du ligament croisé antérieur sous arthroscopie


Le ligament croisé antérieur (LCA) a un rôle important dans la stabilité du genou (stabilité antérieure et rotatoire). La lésion de ce ligament est fréquente et survient le plus souvent lors de l'activité sportive (rugby, foot, ski...).

Reconstruction du ligament croisé antérieur

Le diagnostic est clinique. On retrouve les caractéristiques de l'entorse grave : craquement du genou au moment du traumatisme, gonflement immédiat, arrêt du sport en cause, douleur...

Puis il peut se produire une instabilité du genou, c'est-à-dire la survenue de dérobements à la marche : le genou "lâche" brutalement lors de l'appui.

Le testing du genou en consultation confirme le diagnostic.

Une IRM est le plus souvent demandée pour confirmer la lésion; rechercher des lésions associées, notamment au niveau des ménisques.

 

L'intervention chirurgicale n'est pas systématique. L'indication d'opérer dépend de plusieurs arguments : l'âge du patient, le pratique sportive, la gêne fonctionnelle (instabilité), présence de lésions associées (ménisques...)

Classiquement, cette intervention chirurgicale est recommandée chez un patient jeune, d'autant plus s'il pratique un sport à risque type pivot/contact (foot, rugby...).

A long terme (après plusieurs années), le risque d'une rupture du LCA est la survenue de lésions des ménisques. L'évolution se fait lentement vers l'arthrose.

 Il n'y a pas de cicatrisation "anatomique" possible après rupture du LCA. La chirurgie doit remplacer ce tendon par une greffe utilisant un tendon de la jambe. Les techniques varient selon le choix du tendon utilisé pour la greffe.

Nous décrirons la technique du DIDT utilisant les tendons ischiojambiers pour remplacer le LCA rompu.

TECHNIQUE DIDT

Les tendons prélevés pour la greffe sont les ischiojambiers. Sous arthroscopie, ces tendons sont préparés et sont introduits (par des tunnels forés dans l'os) dans l'articulation pour remplacer le LCA rompu. Les moyens de fixation du transplant sont très variables. La cicatrisation de la greffe est effective aux alentours du 4ème mois post-opératoire.

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En pratique :

  • Hospitalisation : 3 jours
  • Immobilisation : soit aucune; soit une attelle de genou quelques jours. La marche en appui est autorisée sous couvert de cannes anglaises
  • Rééducation : immédiate en centre ou en cabinet de Kinésithérapie

         - Protocole type : cliquez ICI

         - Lettre d'information remise après l'intervention : cliquez ICI

  • Reprise du sport : fonction du sport :

         - Natation : 3 mois

         - Course terrain plat : 4 mois

         - Sports à risque (rugby, foot, ski...) : entre 6 et 9 mois post opératoire


L'Ostéotomie tibiale de Valgisation

Introduction

Certaines personnes ont un défaut d'axe du membre inférieur, dit en varus, qui fait passer le poids du corps par le coté médial du genou au lieu de le faire passer par le milieu. Les jambes sont arquées, ou en tonneaux. Cela « use » le cartilage surchargé, et cette usure aggrave encore la déformation. (PHOTO) Lorsque seul le compartiment fémoro-tibial médial est atteint, on peut stopper l'évolution arthrosique et supprimer les douleurs en redressant le membre inférieur. L'ostéotomie du tibia replace l'axe mécanique au centre du genou, voire légèrement en dehors du centre du genou .


Technique

Sous anesthésie générale et bloc nerveux, on réalise la coupe du tibia en protégeant les parties molles. L'espace est ouvert coté médial, et comblé par un greffon d'épaisseur choisie en fonction de la correction voulue. Le greffon est un coin osseux stérile, préparé à partir de têtes fémorales retirées lors de la mise en place de prothèse de hanche. Ces greffons ne sont utilisés qu'après vérification du statut viral du donneur plusieurs mois après le prélèvement. Une plaque vissée maintient la correction et assure la solidité du tibia. Elle permet la mobilisation du genou dès le réveil.


En Pratique

Un cliché des membres inférieurs debout est nécessaire pour calculer la correction à faire. L'hospitalisation dure deux ou trois jours. Le traitement de sortie comporte un anticoagulant en prévention de phlébite, et des antalgiques. La souplesse du genou est rapidement récupérée. Le premier mois la marche se fait avec des béquilles, le pied peut toucher le sol sans s'y appuyer. L'appui est ensuite plus franc, et guidé par la surveillance clinique et radiographique.


Risques

Lésion neurologique et/ou vasculaire, défaut technique, infection, phlébite, embolie pulmonaire...


Résultats

Les douleurs disparaissent dans la majorité des cas après l'intervention, mais pas de façon définitive. On observe une perte d'efficacité avec le temps. Moins d'un tiers des patients sont réopérés dans les 10 premières années. Les résultats sont meilleurs lorsque le cartilage du coté interne est encore de bonne qualité. La réapparition des douleurs peut nécessiter la mise en place d'une prothèse ou plus rarement une reprise de l'ostéotomie. On estime que 70% des patients n'ont pas été ré-operés à 10 ans.


Prothèse du Genou

En construction