Pathologies et Chirurgies de la Coiffe des Rotateurs

Dr. Nicolas LAPIE


Les tendons de la coiffe des rotateurs entourent la tête humérale et agissent en équilibre pour assurer le centrage de l’articulation.

Coiffe des Rotateurs

Les maladies au niveau de ces tendons sont variables : de la tendinite à la rupture en passant pas les calcifications et les conflits.

  • Tendinite de la coiffe des rotateurs
  • L'acromioplastie sous arthroscopie pour conflit sous acromial
  • La réparation de la coiffe des rotateurs sous arthroscopie
  • Tétonomie ou Ténodèse du Biceps

1. Tendinite de la coiffe des rotateurs

Elle est parfois liée à la répétition d’un geste, ou favorisée par certaines professions. Il s’agit d’une inflammation du tendon et de sa bourse (bursite sous acromiale). La douleur est provoquée à l’élévation du bras et s’accompagne parfois « d’accrochages ou craquements » dans l’épaule.
Il faut rechercher une cause anatomique : c’est le conflit sous acromial (cf infra) .
Le traitement est avant tout médical avec rééducation, anti-inflammatoire, repos relatif voire infiltration.

Tendinite calcifiante (calcification) : forme particulière d'inflammation avec présence de dépôt calcique dont l'origine n'est pas connue. Le traitement est médical (consultation chez le rhumatologue). Une ablation sous arthroscopie (vidéo chirurgie) est possible en cas d'échec de ce traitement.


2. L'acromioplastie sous arthroscopie pour conflit sous acromial


Principe :

Intervention indiquée en cas de conflit sous acromial. Il s’agit d’une inflammation du tendon et de sa bourse (bursite sous acromiale) favorisée par un bec osseux situé sur l’acromion (arche osseuse au dessus de la coiffe).

Acromion Agressif

Le traitement est, dans un premier temps, médical avec rééducation, anti-inflammatoire, repos, voire infiltration.
En cas d’échec du traitement médical, il est proposé un traitement chirurgical sous arthroscopie : c’est l’acromioplastie.

Cette intervention consiste à raboter le bec osseux responsable du conflit.

Cathéter d'épaule

Technique :

Anesthésie générale complétée par un cathéter qui anesthésie le bras pour limiter les douleurs après l’intervention (voir photo ci-dessus). Sous arthroscopie (vidéo chirurgie), une fraise est introduite dans l’épaule pour aplanir l’arche osseuse. On associe un nettoyage de la bourse et parfois un geste sur le biceps en fonction des symptômes.

Une réparation de la coiffe des rotateurs peut être associée si celle-ci est rompue.


En Pratique :

  • Hospitalisation : 2 jours
  • Immobilisation : écharpe simple quelques jours pouvant être enlevée de temps en temps
  • Rééducation : immédiate avec kinésithérapeute
  • Consultation de contrôle : 1 et 3 mois post-opératoire
  • Arrêt de travail : variable, dépend de votre profession


Complications possibles :

Persistance des douleurs, raideur, algodystrophie

 


3. La réparation de la coiffe des rotateurs sous arthroscopie


Définition :

A l’image de l’arthrose au niveau du genou, les tendons de la coiffe s’affinent avec le temps et peuvent se détacher de l’humérus. Il existe souvent une histoire traumatique.
Les douleurs sont nocturnes et le retentissement sur la fonction de l’épaule est variable : perte de force, diminution des mobilités, douleur…

Coiffe des Rotateurs Rupture Coiffe des Rotateurs

La rééducation est systématique.

L’indication opératoire est fonction de plusieurs critères, en particuliers : l’âge du patient et ses maladies associées, le retentissement sur la fonction de l’épaule, la douleur, l’importance de la rupture, la qualité des tendons…


Technique :

Anesthésie générale complétée par un cathéter qui anesthésie le bras pour limiter les douleurs après l'intervention.

L'intervention est réalisée sous arthroscopie (vidéo chirurgie). Une acromioplastie est parfois réalisée, avec souvent un geste sur le biceps pour supprimer des douleurs.

Des ancres montées avec des fils sont mises en place sur l'humérus et servent à rattacher les tendons rompus.


En Pratique :

  • Hospitalisation : 2 jours
  • Immobilisation : écharpe coude au corps pendant 4 semaines
  • Rééducation : auto-rééducation par des mouvements pendulaires dès le lendemain, puis rééducation chez un kinésithérapeute 3 semaines après l'opération : cliquez ici.
  • Consultation de contrôle : 1, 3 et 6 mois post-opératoire
  • Lettre d'information patient : cliquez ici


Complications possibles :

Persistance des douleurs, raideur, algodystrophie, récidive de la rupture

 


4. Ténotomie ou Ténodèse du Biceps


Principe :

Les maladies du biceps (usure, inflammation instabilité...) sont fréquentes.


Technique :

L’intervention est également réalisé sous arthroscopie (vidéo chirurgie). Il s’agit de couper le tendon du biceps (ténotomie) à son origine car cela n’entraîne aucune conséquence sur la fonction de l’épaule. Ce geste donne régulièrement de bons résultats pour calmer les douleurs dans les pathologies de la coiffe des rotateurs. En se rétractant au bras, le tendon coupé peut entraîner l’apparition d’une boule très bien tolérée. (appelée « popeye syndrome »). Pour éviter ce risque il est parfois proposé de bloquer le tendon sur l’humérus (c’est la ténodèse).


En Pratique :

L’immobilisation, la rééducation et l’arrêt de travail dépendent des gestes associés.

Si le geste est isolé, l'immobilisation est courte, et l'effet sur la douleur est rapide, notamment la nuit.


Instabilité de l'Épaule

Dr. Nicolas LAPIE


Après un traumatisme, l’épaule peut se déboîter (se luxer) ou se subluxer (lorsque qu’elle se remet immédiatement en place).
Dans les suites de ce ou ces épisodes, l’épaule peut devenir instable par récidive de ces luxations ou subluxations. Parfois seule une douleur est présente.

Pour stabiliser l'articulation afin d'éviter ces luxations, 2 types d'interventions sont possibles : le traitement par arthroscopie (vidéo chirurgie) et le traitement par butée.


1. Stabilisation par arthroscopie (opération de "Bankart")


Principe :

Réparer / retendre les lésions tissulaires (le Labrum et la capsule en avant) et combler les lésions osseuses éventuelles (encoche en arrière) responsables de la récidive des luxations.


Technique :

Sous anesthésie générale, complétée par un cathéter qui anesthésie le bras pour limiter les douleurs après l’intervention, des fils montés sur des ancres sont utilisés pour rattacher le labrum et retendre la capsule (enveloppe de l’articulation).

Epaule Labrum

En Pratique :

  • Hospitalisation : 2 jours
  • Immobilisation : "coude au corps" 30 jours
  • Rééducation : immédiate. Pour voir le protocole, cliquez ici.
  • Consultation de contrôle : 1, 3 et 6 mois post-opératoire
  • Reprise sportive : à partir du 4ème mois, en fonction du type de sport (armé ou armé/contré)
  • Lettre d'information patient : cliquez ici


Complications possibles :

Échec avec récidive de l'instabilité, raideur, algodystrophie. Il existe un traitement pour chacune de ces complications.



2. Traitement par butée osseuse


Principe :

En cas de lésion osseuse importante, il est proposé la mise en place d’une butée osseuse prélevé sur la coracoïde. Il s’agit d’un « triple verrouillage », tissulaire, musculaire et osseux.


Technique :

Sous anesthésie générale, complétée par un cathéter qui anesthésie le bras pour limiter les douleurs après l’intervention, une voie d’abord en avant de l’épaule sur quelques centimètres est réalisée. La butée osseuse est vissée en avant de la glène.

Traitement par butée osseuse

En Pratique :

  • Hospitalisation : 2 jours
  • Immobilisation : "coude au corps" 30 jours non strict, pouvant être enlevé dans la journée pendant de courtes périodes.
  • Rééducation : immédiate. Protocole : cliquez ici.
  • Consultation de contrôle : 1, 3 et 6 mois post-opératoire avec radiographies.
  • Reprise sportive : à partir du 3ème ou 4ème, en fonction du type de sport (armé ou armé/contré).
  • Lettre d'information patient : cliquez ici


Complications possibles :

Démontage ou arrachage de vis, absence de consolidation de la butée, infection


Les Prothèses d'Épaule

Dr. Nicolas LAPIE


L’objectif d’une prothèse d’épaule est de remplacer les surfaces articulaires dont le cartilage est usé, en générale par l’arthrose. Les maladies inflammatoires, comme la polyarthrite rhumatoïde, peuvent également être responsable de la destruction de l’articulation.

Deux symptômes prédominent : la douleur et la limitation des mobilités (raideur).
Classiquement, la prothèse est constituée d’une partie en métal et d’une partie « plastique »  (en polyèthylène). Deux types d’implant existent : la prothèse d’épaule anatomique et la prothèse inversée d’épaule.

Le choix entre les deux prothèses dépend de plusieurs facteurs : âge,  type d’arthrose, état des tendons (coiffe des rotateurs), cas particuliers (ancienne fracture, maladies inflammatoires…)


1. La Prothèse Anatomique


Cette prothèse donne les meilleurs résultats mais nécessite une bonne qualité des tendons entourant l’épaule (la coiffe des rotateurs). Elle restitue l’anatomie de l’épaule pour supprimer les douleurs et permet des retrouver les mobilités perdues.

Prothèse totale d'épaule
Radiographie d'une Prothèse Totale d'Épaule

 


2. La prothèse Inversée


Les indications pour cette prothèse sont spécifiques : elle s’adresse particulièrement aux patients ayant une atteinte de la coiffe des rotateurs. Elle s’utilise également pour les reprises de prothèse, certaines séquelles de fractures et d’autres situations plus rares. Les résultats sont un peu moins bons que les prothèses anatomiques, mais elles s’adressent à des cas plus graves que les prothèses anatomiques. L’amélioration par rapport au handicap est tellement importante que la majorité des patients sont très satisfaits de l’opération.

Prothèse inversée d'épaule
Exemple d'une Prothèse Totale d'Épaule Inversée

En Pratique :

  • Hospitalisation : 6 jours
  • Immobilisation : "coude au corps" 30 jours non strict
  • Rééducation : elle est immédiate et peut s'effectuer soit à domicile soit en centre de rééducation
        - protocole prothèse anatomique : cliquez ICI

        - protocole prothèse inversée : cliquez ICI

  • Consultations et radiographies de contrôle : 1, 3 et 6 mois, puis 1 an post-opératoire